← Tous les articlesH3 Campus et les CCI : Face Up dans Moodle
August 18, 2026
Mame-Mor Fall

Deux déploiements Moodle, de l'alternance à la formation courte

Deux établissements, deux projets Moodle, deux façons de s'en servir. D'un côté H3 Campus, qui forme entre 3 000 et 4 000 apprenants par an et prépare une nouvelle expérience d'apprentissage pour la rentrée 2026. De l'autre le réseau des CCI, avec la CCI Hauts-de-France et la CCI de Grenoble, qui font cohabiter dans une même plateforme des professionnels en formation courte et des étudiants de leur CFA.

Les deux passent par Moodle et par LTI 1.3. Les deux ont fait le même choix de fond : l'entraînement conversationnel doit vivre dans le LMS, pas à côté. Mais ce qu'ils en tirent n'est pas la même chose. Le premier cas parle d'échelle et de diversité de métiers. Le second parle de placement dans le parcours — à quel moment on fait pratiquer.

Cet article raconte les deux configurations côte à côte, sans résultats chiffrés que nous n'avons pas encore, et s'arrête sur ce qu'elles apprennent à quelqu'un qui envisage la même chose. Le cadre technique commun est décrit dans le guide d'intégration de Face Up à un LMS.

H3 Campus : le volume et la largeur du catalogue

Entre 3 000 et 4 000 apprenants par an

H3 Campus forme entre 3 000 et 4 000 apprenants chaque année. À cette échelle, les questions changent de nature. Ce n'est plus « est-ce que le scénario est bon » mais « est-ce que le chemin d'accès tient la charge ». Une invitation par courriel à envoyer, un mot de passe à récupérer, un support à assurer : multipliés par plusieurs milliers, ces gestes deviennent le sujet principal du projet.

C'est la raison de fond du passage par LTI plutôt que par un outil séparé. L'apprenant se connecte à Moodle comme il le fait déjà, ouvre son cours, clique sur une activité. Rien de nouveau à apprendre, rien de nouveau à administrer. Le dispositif n'ajoute pas de porte d'entrée, il s'installe derrière celle qui existe.

Un public en alternance, donc peu de temps

Les apprenants de H3 Campus sont des étudiants en alternance. Ils partagent leur semaine entre l'entreprise et le centre de formation. Cela a une conséquence directe sur le format : le temps de formation est compté, et la pratique relationnelle est précisément ce qu'on sacrifie en premier quand le programme est serré.

Un entraînement qui se lance en un clic depuis le cours, qui dure quelques minutes et qui peut être rejoué autant de fois que voulu se glisse dans ces interstices. C'est un format qui supporte la contrainte de temps de l'alternance au lieu de la subir.

Management, commerce, RH, immobilier : un catalogue large

H3 Campus couvre un spectre large : management, commerce, ressources humaines, immobilier. Quatre familles de métiers, quatre vocabulaires, quatre types de situations professionnelles. C'est là que le cas devient intéressant.

Un même dispositif d'entraînement doit servir des métiers très différents. Un futur manager s'entraîne à recadrer un collaborateur ; un commercial à traiter une objection ; un professionnel des RH à mener un entretien difficile ; un négociateur immobilier à annoncer une mauvaise nouvelle à un vendeur. Les situations n'ont rien à voir. Ce qui se répète, en revanche, c'est le mécanisme : se retrouver face à quelqu'un qui réagit, dire les choses, recevoir un débriefing, recommencer.

La conséquence pratique est une question d'organisation du catalogue, pas de technique. Chaque filière a besoin de ses propres mises en situation, et chaque formateur doit pouvoir choisir la bonne sans passer par un administrateur. C'est exactement ce que règle le Deep Linking, qui laisse le formateur choisir son scénario depuis le LMS.

L'intégrateur dans la boucle

eLearning Touch' a réalisé la nouvelle version du Moodle

La nouvelle version du Moodle de H3 Campus a été réalisée par l'intégrateur eLearning Touch'. Face Up s'intègre dans ce Moodle. Ce détail d'organisation compte plus qu'il n'y paraît : dans beaucoup d'établissements, le LMS n'est pas administré en interne mais par un prestataire spécialisé.

Cela veut dire que la déclaration de l'outil externe, qui se fait au niveau du site et non du cours, passe par un tiers. Ce n'est pas un obstacle, c'est une étape de planning à identifier au bon moment. Les projets qui traînent ne traînent presque jamais sur la technique ; ils traînent sur la disponibilité de la personne qui a les droits administrateur.

Ce que ça change dans la conduite du projet

Quand un intégrateur est dans la boucle, le bon réflexe est de le traiter comme un acteur du projet pédagogique, pas comme un exécutant technique. Il connaît les contraintes de la plateforme, les habitudes de configuration de l'établissement, les réglages qui ont déjà posé problème. La liste des paramètres à échanger et l'ordre des opérations sont détaillés dans le tutoriel d'intégration de Face Up à Moodle.

L'échéance : la rentrée 2026

L'objectif de H3 Campus est d'offrir une nouvelle expérience d'apprentissage à l'ensemble de ses apprenants dès la rentrée 2026. Une échéance de rentrée impose sa propre discipline : tout ce qui n'est pas prêt en amont ne se rattrape pas une fois les promotions lancées. Cela pousse à traiter la partie technique tôt, pour garder le temps restant sur la partie qui en demande vraiment — décider où les mises en situation s'insèrent dans chaque filière.

Les CCI : deux publics dans la même plateforme

Des professionnels en formation courte

À la CCI Hauts-de-France et à la CCI de Grenoble, une première population est constituée de professionnels en formation courte. Ils viennent pour une durée limitée, souvent sur un objectif précis, et repartent dans leur entreprise. Le temps disponible est le facteur limitant, et l'écart entre ce qui est vu en salle et ce qui est appliqué au retour est le risque principal.

Des étudiants via le CFA

La seconde population passe par le CFA. Ce sont des apprentis, avec un rythme long, des évaluations et un suivi pédagogique dans la durée. Leurs besoins ne se recoupent pas avec ceux des professionnels : ils ont le temps de progresser, mais ils manquent d'expérience de terrain sur laquelle s'appuyer.

Une plateforme, deux logiques

Ces deux publics cohabitent dans la même plateforme. C'est possible parce que ce qui les distingue n'est pas l'outil mais l'usage qu'on en fait : les mêmes mises en situation, placées à des moments différents et avec des attentes différentes. L'administration reste unique, la pédagogie se différencie par le parcours.

Le vrai enseignement : où placer la pratique

Avant la session, pour préparer

Une simulation jouée en amont d'une session change la nature de la journée qui suit. L'apprenant arrive en ayant déjà essayé, donc en sachant ce qu'il ne sait pas faire. Le formateur ne commence plus par expliquer le contexte mais par traiter des difficultés réelles que le groupe vient de rencontrer. Sur une formation courte, ce déplacement vaut plusieurs heures de programme.

Pendant, pour mettre en pratique

Pendant la session, la mise en situation sert d'exercice d'application. Chacun pratique en même temps, sans attendre son tour et sans le regard du groupe — ce qui lève l'inhibition qui bloque une partie des participants dans un jeu de rôle classique. Le formateur reprend ensuite en collectif sur ce qui a coincé, avec de la matière concrète.

Après, pour ancrer

C'est le moment le plus souvent négligé et le plus décisif. Trois semaines après la session, l'essentiel de ce qui a été vu s'est estompé s'il n'a pas été rejoué. Rouvrir la même mise en situation à distance, dans le LMS, remet le réflexe en circulation au moment où il commençait à disparaître. C'est exactement ce qu'un LMS sait faire — programmer, rappeler, rouvrir — et que le format module-quiz n'exploite jamais pour de la compétence relationnelle, comme nous l'expliquons dans pourquoi le LMS seul ne suffit pas pour les soft skills.

Ce que les deux déploiements ont en commun

Moodle et LTI 1.3

Les deux passent par Moodle et par LTI 1.3. Face Up est déclaré une fois comme outil externe au niveau du site, les deux plateformes échangent leurs identifiants, et chaque lancement est ensuite signé. Le formateur n'a plus qu'à ajouter l'activité dans son cours.

L'apprenant ne quitte pas sa plateforme

Dans les deux cas, la mise en situation s'ouvre en iframe dans la page du cours. Pas de second mot de passe, pas de deuxième outil à retrouver. C'est la condition pour que la pratique reste une activité parmi d'autres au lieu de devenir une démarche à part.

Les résultats retombent dans le carnet de notes

Le score sur 100 et la complétion remontent dans le carnet de notes du cours, via le service AGS. Le responsable pédagogique consulte les résultats là où il consulte déjà les autres. Il est possible de faire remonter plusieurs lignes de note pour distinguer ce sur quoi l'apprenant progresse, un point que nous détaillons dans AGS et la remontée des résultats de soft skills.

Ce qu'il faut en retenir si vous envisagez la même chose

Décider du placement avant de parler paramétrage

Le cas des CCI le montre : la question qui détermine la réussite n'est pas technique. C'est « à quel moment du parcours l'apprenant pratique-t-il ». Avant, pendant, après, ou les trois. Cette décision se prend en amont, avec les formateurs, et elle conditionne tout le reste.

Un même dispositif peut servir des métiers très différents

Le cas H3 Campus le montre : il n'est pas nécessaire d'avoir un outil par filière. Ce qui change d'un métier à l'autre, c'est le contenu des mises en situation, pas le mécanisme d'apprentissage. Prévoir un catalogue par famille de métiers et laisser chaque formateur y piocher est une organisation qui tient à l'échelle de plusieurs milliers d'apprenants.

Commencer par un cours, puis regarder

Dans les deux configurations, le chemin reste le même : un cours pilote, un scénario, une promotion. On vérifie que le lancement fonctionne, que la colonne apparaît, que le micro ne bloque personne. Ensuite seulement on ouvre le catalogue. La logique de montée en charge est développée dans déployer une formation soft skills à grande échelle.

Conclusion

Ces deux déploiements ne prouvent pas la même chose. H3 Campus montre qu'un dispositif d'entraînement conversationnel peut servir un catalogue large sans se fragmenter, à condition que l'accès passe par la plateforme que les apprenants ouvrent déjà. Les CCI montrent que la valeur ne vient pas de l'outil mais du moment où on l'utilise : avant pour préparer, pendant pour pratiquer, après pour ancrer.

Si vous préparez un projet équivalent, ce sont ces deux questions qu'il faut trancher en premier — qui accède, et quand il pratique. Le paramétrage LTI, lui, se règle en une séance de travail.

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